approche de l onde


approche de l onde
les galets ricochent sur le bitume
miroir qui reflète la pierre d opale
textures des terres ouvertes étales
toutes les lucioles ce soir sont dans l air
et les étincelles apparaissent sur ton sentier limpide
pour autant déchiffres tu
les signes de la cascade des événements en émergence ?
pour ta peine tu seras exaucé
et tu penseras :
d une certaine façon tout ceci devait être car tous les processus devaient aboutir
fondamentalement
homo habite technologiquement le système terre :
la planète
segments de technèmes en métaréseaux
concaténations de bouts de ficelles en construction
quincaillerie et tuyauteries en intrication quantique
chemins et sentiers de fibres où courent les électrons
ne crains pas l étincelle !
ne crains pas l éclair !
là où tu respires et baignes pour si longtemps en apnée
ô anthropotechnique !
ton sang qui bout dans les artères couplé aux hydrocarbures
les bitumes lourds poisseux qui te nourrissent
propulsent ton ingénierie
te brûlent te malaxent et te restituent en pièces détachées
par les algues et les écorces macérées :
pétrole des schistes
te voici reconfiguré restructuré
sous le permafrost les poches de méthane sont en attente
bientôt elles envahiront ton atmosphère de carbone
et quand tu ne sais traiter l huile en jaillissement tu brûles les gaz
le plastique écologiquement persistant
et le vivant que tu entends breveter dans les laboratoires de tes multinationales
promettent ils autre chose qu ivresse de banquiers et technocrates ?
prise d otage généralisée et la machinerie planétaire qui fonce hors sillon
et ton radeau de silicium dans le cyberespace
qui te porte là où les gardiens insondables veillent
t emportent à vrai dire les rêves les plus fous de la métatechnique
ô toi homo technologicus ne laisse pas en toi homo demens te déborder !
te déposséder de ton destin
il veut chevaucher ta planète à travers toi
carcasse exsangue et écosystèmes si exigus
dévastés
qui fabrique qui ?
qui programme qui ?
qui utilise qui ?
et c est ici l enfantement du monde quand l aigle insigne s envole
le deuil du monde quand les cygnes pleurent au fond du lac
le python est en transmutation ! n appelle pas la ruine possible
quand la taupe sort de l hibernation et mange la dernière neige
le lion secoue sa crinière et monte sur la plate-forme
vois le !
entend le !
sens le !
à travers la puissance déployée c est le monde nouveau qui rugit !
et ainsi la vie ne meurt pas
car l intelligence ne peut être vaincue
alors la sagesse ne se résigne pas
elle est mutation permutation transmutation des concepts référentiels opérants
elle transfigure ses propres conditions de possibilité
et te vainc par ses métamorphoses indéfinies
par l arc de la persévérance dans les perspectives de la patience
les flèches atteignent la cible dans l ouvert
et ainsi elle sortira vainqueur
par delà toutes épreuves impossible à dire ni prédire
car au seuil de ton éveil cela fut proclamé
puisqu on te dit que de toutes parts tous les cours d eau convergent
et toutes les temporalités se rejoignent aux bords des mondes
et toutes les bonnes volontés et toutes les bonnes intelligences veillent malgré tout à ton monde
quel chemin veux tu qu on te montre encore pour prendre une décision qui soit une résolution existentielle ?
quels signes faut il encore expliciter ?
alors va à ton monde en éclosion
et marche fidèle à la terre et aux vivants
arbuste dans la verdure !
protège ce ruisseau
protège sa trace son tracé
où tous les bosquets dispensent la pure fraîcheur de l onde et s abreuvent…
tous les étangs te diront la plénitude transcendantale d être en ta présence
ils te diront la venue de la sérénité par ces temps qui ont vu l orage
et tous les êtres pulsent au plasma :
les étoiles appellent en silence
et quand au soir au crépuscule
aux bords ultimes du monde et son lot d éternité
tu rêves dans la magnificence des songes du couchant :
la splendeur vespérale
et vous êtes là !
instants pourpres !
vous montagnes en lévitation en vos souffles mystériques
suspendues pour toujours à l autre versant du temps
insoupçonnées mais qu importe !
vous êtes si proches !
votre prégnance baigne les mondes !
ressentis et vécus ici si intensément !
quand assis en lotus suspendu dans la topologie de l au delà du monde
à travers tout ton être illuminé cela se lève en mystère impossible à dire
te parcourt du frisson de joie
alors maintenant contemple !
ouvre toi littéralement à l être et considère !
vie a t elle jamais été si intense si incandescente ?
sous le regard de milliers d étoiles filantes dans la voie universelle de pleine ferveur
qui vibrent enfin à l être venu les délivrer
et vous tous enfants de l humanité sur terre ici accomplis !
par la plus pure pensée de vie qui ruisselle de tout ton être
et à chaque chose qui expire
rêve le !
dis le !
prend le !
jette le !
ne le perds pas !
tu peux l ensevelir si tu veux !
mais surtout pense à t en nourrir !
ton viatique dans l immensément long chemin des vivants
et c est ainsi
et ça ira ainsi
pour tous partout et toujours
pour toujours dédié à l éternité
à l ultime
pour toujours
éveil

Vladimir Muhizi


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