de si haute incandescence

de si haute incandescence :
insaisissable essence de l être
toi tu es
tu vas solitaire transcendantal au bord du précipice :
tu trônes !
salut !
ultime témoin de l avènement de la terre
au premier printemps répété
et la corniche est escarpée
ainsi la rivière descend
descend la rivière en silence
en silence elle laisse :
laisse une trace de ta présence passée


contempler ta structure par la logique d étincelles
qui traverse le bois dans l éclair de l aube
et tenir son rang
est ce cela accomplir la promesse primordiale ?
au plus près de la source secrète
par delà les colonnes de marbre sur la dernière falaise du monde
aux bords du crépuscule rougeoyant
est une pensée
une pensée est qui est solitaire
solitaire sortie de la terre
de la terre et l heure adviendra
adviendra où elle retrouvera le sentier clair


recherche le sanctuaire à travers la lande
et reconnais ce qu il en coûte
tu tentas de partir
comment aurais tu pu porter un tel destin ?
tu tentas de rester
comment aurais tu pu fuir quand ainsi le destin te nomme ?
tu jetas une pierre en l air
alors le chêne millénaire accepta de dénouer ton énigme
il te porta secours quand tu désespérais


sous la glace qui gèle
la rivière coule malgré tout
sous la blessure qui cicatrise
le vivant pulse encore
les feuilles tombent et c est l heure
le vent se lève et c est le moment
aussi le sanctuaire aux neuf flèches directionnelles est ouvert à tous les orients
et aux entrées
les pétales de fleurs pleuvent en tournoyant
suspendues elles tombent
car en son centre le grand frêne croît avec vigueur
à travers le rayonnement somptueux de l interstellaire
la vague étoilée de la splendeur cosmologique ininterrompue
laisse éclore à proximité de la flamme
le fruit insaisissable de la longue ascèse
et si cela advient à la pleine présence
alors cela simplement est : être en tant qu étant extase à travers la totale extension de l être


la pierre dans le feu sacré ne va pas s éteindre tu sais ?
tu peux la saisir quand tu veux
tu sais les sèves d un savoir puissant
emplissant les alvéoles du coeur
et les visions monter en toi :
immémoriales
pour te porter où tu émerges des profondeurs de toi même et le quantique qui imprègne :
transuniversel
maintenant la brise des hauts soirs du printemps est salutaire
le grand souffle de l être est déployé :
ondoyant à travers le vide ultime
et tous les nuages s envolent
se défont en mirages face à l infini de la présence de l être
te voici porté sur les plus hautes marches du sanctuaire du sacre des vivants
où la destinée intégrale
t adresse une grande parole :
vocation d une grande pensée
si limpide !
la lame immortelle à nouveau étincelante à ton bras puissant pour vaincre
la pureté faite joie goutte par goutte au seuil
ce monde qui s ouvre t accueille à ton approche
voici les cercles concentriques ouverts dans la concrescence
les sphères de l éveil
l ultime sentier
oui

Vladimir Muhizi


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