le soir qui vient

le soir qui vient dans la matière ouverte
vient et tombe
ainsi s élève la lune en éclats… les constellations
ici bas dans les mots que tu libères
à travers l herbe éparse
réside un abîme:
une vérité :
un silence si tu le dis !
et cela est précisément abyssal
sillage profond de l être en migration :
mais…
ne dis pas si cela est indicible
par delà la rampe :
les frontières terminales
est le pont tendu de la pensée par dessus l abîme
et les paroles sont seulement des gens qui partent
mais le cercle le plus limpide
est le plus proche de l étoile errante
au centre le plus précis
au plus secret du buisson du devenir
jaillit la fontaine de clarté en sa fraîcheur
le voyageur ne connaît pas la lassitude
par l étendue ouverte
et de toutes façons tu étais déjà accompli avant d advenir à l être
mais ce soir ton regard est abstrait… fixe… inébranlable
et au plus profond du coeur
le grand frêne exhale le secret à travers le paysage ouvert
et le solitaire ne peut que taire ce qui est promesse
à l horizon du long silence
tous les étangs du monde unanime
reflètent à l unisson la même lune à l infini
et les algues à chaque rayon de l astre réfracté s abreuvent
la pulsation de joie pure… intérieure… intime
au coeur insondable de l être que tu es depuis toujours
la vague immémoriale qui murmure et roule
vient s éteindre sur la berge à la bonne heure
et vous tous à travers la longue migration qui rayonnez
soyez reconnus !
vivez éveillés !
la larme unique de la lune est une écaille à la surface de l onde
la tortue de la sagesse suprême qui trône… multimillénaire
à la sortie de la pyramide sur le sentier universel
les cactus dans le crépuscule
pleins de résines à l horizon du désert
voudras tu reconnaître que cela advient à l existence pour guérir ?
plongeras tu dans la calebasse pleine des sèves de la vie
lors du sacre de l aube ?
mais voudras tu reconnaître que cela advient précisément
à l existence pour guérir ?
et le nuage est pourpre et plein de pressentiments
qui tressaillent à l orée du jour
des mots de tendresse à ensevelir :
la caresse stellaire
englouties cabanes baraques et barques dans le lac immémorial :
hydrocarbures de la vie à venir
et quand c est la chute des feuilles dans ton regard suspendu :
tu projettes alors la symétrie
à l astre doré au zénith vert
le lion noir rugit puissamment à travers la savane planétaire
à l approche l intelligence est courage en sa plénitude
les îles bienheureuses pleines de lumière pourpre… dorée
portent les mondes
puis l aurore du devenir en provenance des profondeurs de la galaxie
son souffle parcourt l onde à la surface prochaine du lac :
bleu
oui… les témoins de la pensée le savent bien qui résident dans les profondeurs
ainsi proclament ils la loi de la sagesse recueillie le crépuscule intersidéral et
les jardins biosphériques de la grande terre

Vladimir Muhizi


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