les jours passent

les jours passent
les nuits viennent
et les aubes reviennent
l île s épand dans la clarté du lac :
escale de saison pour les oiseaux en migration
dans l intervalle entre l aube et le crépuscule
quand chaque chose est dans la rosée du matin
yeux mis clos
le monde jette un dernier regard vers les étoiles
debout dans la splendeur des cieux
et de ce qui monte à l horizon
astre parmi les astres
le soleil nouveau

le voyageur sur le chemin
et l éblouissement renouvelé du premier printemps du monde
sur sol verdoyant l autel pur
et c est une énigme aux pieds de l être intense
concaténation des dimensions :
elle est appel
elle appelle de nouveau à l extension de l être
et le défi de la mortalité
et ce qui est vivant connaît le sentier de la mort
proche ou lointain
est ce l’abîme ?

puis ceci est énoncé:
la mortalité est dans les origines
qui a marché au delà ?
ici le regard émerge
fixe ce qui est à venir
et se garde de défaillir au souvenir de l absence
si une pensée salutaire en vient à naître et monte l échelle
pour proclamer à travers les réseaux du réel :
la mort est derrière nous
où portent nos pas il n y a que vie
puis quand nous sommes atteints abattus et vaincus
la mortalité vient soulever notre carcasse délivré du sens
pour l incinérer sur l autel de ce qui n est pas
dépose ton fardeau
la clairière est ouverte :
il n y a pas de consolation mais il y a libération
le pâtre extatique des galaxies lointaines descend
en
sa majesté
cosmique les marches du ciel
et dépose les graines du trésor sacré de la vie
dans les jardins fleuris de ton cœur

les pensées sereines viennent à toi et éclosent dans l hyperchamp du réel
les pensées qui germent frémissent dans la brise
soutiennent chaque chose qui est
en voici le sens
et c est encore de nouveau le soleil au zénith de l an
et les cieux et les horizons retentissent à l unisson dans le monde ouvert
il est midi pour les plus hautes pensées
les silencieuses parmi celles qui avancent au monde
et le trésor profond des bienheureux
de l existence ici présent à leur cortège
l espace temps se découvre… se déploie en sa profondeur
les éclairs jaillissent dans la topologie de l éternité
à l ultime
notre présence est un intervalle
toute présence l est
pour l ultime

Vladimir Muhizi


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