les vecteurs

les vecteurs de la pensée la complexité des intelligences en procès
l ouverture intégrale de ce qui demeure proche des vivants
de ce qui évolue dans les dimensions transversales de la terre les écosystèmes
qui cèlent le mystère proche de la biosphère


sur le filament du sens qui en sait long :
les périls de l abîme qui étincelle
ce sont des milliards de paires de yeux qui s ouvrent
et clignent simultanément
quand le midi en éternité trace les trajectoires
au zénith de la macroévolution pour éclater en arcs stellaires
qui lient la terre aux lointains
épuisant l étendue jusqu à la borne hiératique jusqu à l indéfini


la mélopée des cétacés s élève à travers les topologies océaniques
dans la nuit du monde :
vibrent aussi les cavernes de coraux qui tiennent depuis des milliards
de révolutions astrales
les énigmes fondamentales des vivants en coévolution


à l interface de l élément aquatique et de l air
le chant immense résonne et emporte la planète en lévitation
à travers les réseaux incandescents vers l accomplissement
de mutations certainement biotiques
les potentialités repliées parfois forcloses qui portent
et maintiennent la persistance du sens


aussi la clameur se déploie dans l ouvert sans bornes de la planète
à perte de vue d ouïe à perte de sensations
les signes qui courbent la temporalité resplendissent
et disent l instant toujours en présence de l avènement de la terre
parmi l évolution des astres de la voie lactée


c est ici une place ouverte parmi les éléments épars en scintillement
la fraîcheur de l aube avant l aube y règne
et la clarté de la nuit y est limpide
une clairière où le silence des herbes en éclosion
s éploie parmi le végétal
qui pousse imperceptiblement à travers la topographie
parsemée du minéral alentour


aussi ce lieu reflète l intension des êtres
qui peuplent le continuum de ta vie
il accueille sans omettre toute la paix du monde
ici rassemblée :
l indicible vie de la terre en distribution fractale


maintenant que tu prends place
à travers l impermanence des membranes
des constellations
maintenant que le firmament lance les éclairs
qui portent à l ignition le sens des structures
proches de l ultime de la planète et te délivre cette parole unique :


tu es aussi celle qui respire saillante
sur chaque versant des crêtes hautes
les chaînes ininterrompues des montagnes hautes
dans le vaste champ de la vision
prégnantes jusqu aux profondes couches géologiques :
immergées jusqu au magma
aussi ici tu émerges à la migration générale du vivant
et de ses environnements


avec l insigne tonalité de la fréquence périodique de ta méditation
ouvre la main et laisse couler les fluides cryogéniques du souci
maintenant tu entres dans l anéantissement
et l accomplissement intriquées


l appel des confins parvient à vitesse quantique
aux abords du champ électromagnétique
qui dit l enclos du lieu où habitent les vivants
dans les multiples degrés de la cessation et de la sérénité
à travers toutes discontinuités
la flèche intersidérale te transperce à l instant
dans la donation ultime de ton existence
de toute existence qui se peut être :
aussi dans la splendeur apporte l univers à l univers


s illuminent les sentiers qui lient monts vallées
plateaux étendues continents et océans
s éclaire paisiblement le seuil où le silence de l énigme
accueille le voyageur
dans sa paume droite il tient la carte des routes intersidérales
dans son mollet la puce dont le cliquetis oriente les aigles les saisons
les noix arrivées à maturité


toi seule dans cet ouvert de la terre qui t appelle à vivre
pour la délivrance
blottie mais pourtant exposée à tous les vents stellaires
sereine mais déchirée emportée par les vagues des abysses océaniques
au repos mais secouée aux tréfonds par le magma qui gronde
retentit puissamment
aimée mais évanescente dans l écume sidérale
mais alors qu est le sens pour ceux qui vivent
s il ne transite par ici ?


dans le déploiement à géométries variables des plis de l énigme
en processus indéfini d explicitation :
la syllabe indicible
viens à écouter ce savoir qui tressaille
et emporte ta vie en rayonnements cosmologiques
sur la longue route tu marches :
alignée avec les étoiles et la terre a tremblé
où sont ils donc tous ?
même le clapotis du ruisseau ne le dit pas
la sérénité de ces lieux en défragmentation déploie et distribue
tout alentour les scintillements de lune en fractales :
c est donc une nuit claire
inespérées viennent à toi ces pensées en lévitation
puis les autres apparaissent
les mondes de cette planète en métasynthèse

Vladimir Muhizi


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