rêve

rêve
premières étincelles de la pensée
or de l aube
réveille toi
lève toi
éveille le monde
initie la marche
va


cherche ton bien
cherche le
au bout de la contrée
de la lande
du pays ouvert
traverse les pays de la terre
cueille les fruits du limon aux embouchures des fleuves dorés
va


parcours
ne cesse pas ne lâche pas ne perds pas haleine
ne perds pas de vue ce qui danse par delà l horizon
jusqu’à sentir les vents stellaires traverser les atomes de ton corps
toutes les particules qui vibrent à la fréquence de l impossible enfin accompli
de l inespéré en pleine présence


va où tu pourras comme tu pourras
au bout de toi même au bout de tout rêve mais au bout du seuil
la conscience de ce qui est à venir toujours aux confins de la pensée et ne perds jamais confiance
garde cette grâce qui t est accordée
qui ne s achète pas ne se marchande pas ne se cherche pas
ne se trouve pas et finalement ne se perd pas
va


va ce chemin
va tous les chemins verdoyants de la terre
à travers la neige le vent la boue le frimas
les déserts et les dunes
fraie toi un chemin à travers les forêts denses et débouche dans les savanes
parcours encore les steppes les toundras ces espaces ouverts
quelque part se trouve ce bien ultime dont tu es en quête
par delà les marécages sur les hauts plateaux
qui sait ?
traverse l écran des dimensions
et contemple


lève toi à la présence en éclats
ne perds pas
ne perds jamais le rythme de la pulsation fondamentale
au plus secret de l être
là où tout se décide
là où réside l essentiel
là où il est dit croître le sens hors péril
et toujours
car en sa pleine majesté… par l univers entier proclamé
c est le seul commandement
le seul désir
la seule volonté


sur les milles chemins de la terre verte
prend pour guide la palombe immaculée
plus haut encore le vol sans trace de l aigle impérial
traverse la mer qui ondoie
les océans en barattement
va


va par delà les tourbillons et les déferlements
les abysses en attente de ton cadavre
les naufrages échoués mais va
n accepte pas ne tombe pas ne meurs pas
et va
car tu n en as pas fini avec ce monde
à travers la voie universelle ouverte


alors va
et si tu trébuches relève toi et continue
ne t arrête pas et va
relève toi en guerrier des univers éclatant par la lumière
émergeant du plus profond du neuvième enfer en vainqueur transcendant
brandissant la lame immortelle de l ascèse à la conquête de ce qui demeure par delà le septième cercle


alors tu verras
tu sauras
alors viendront les hespérides
en leur magnificence du couchant
marcher à tes cotés
te tendant les pommes d or
te nourrissant du suc sacré
quand c est le temps
quand les plus hautes pensées se lèvent
l envol à travers les cieux resplendissants de ce monde
et ce sera le peuple entier des hyperboréens extatiques
marchant dans ton sillon
ton armée invaincue
et à ta gauche le dieu de à l arc d argent et à ta droite celui à l ascète suprême qui danse le cosmos dans la longue marche qui en sourires s échangent des clins d oeil
haut dans le pur de l air celui qui tient la foudre accompagné par l aigle
converse en méditant les destinées avec le serpent à plume
majestueux
et sous tes pieds les chemins où tu marches :
la grande terre
la grande aïeule
et tout autour les esprits dans la vallée étincelants en transe déchaînés extatiques
déclenchent la danse infinie
apprise à l ombre des acacias et des baobabs
là où la terre est rouge
là où la savane ouverte garde mémoire du déferlement primordial
l épicentre des grandes des longues vagues
puisqu ainsi le possible déborde et dépasse l impossible
les voies déployées en toi et par toi
qui pulsent en toi
puis viens à nous
si désiré si longtemps attendu
bien aimé bienheureux unique parmi les envoyés
afin que chacun reçoive un signe en propre et pour tous
enfin reconnus
exaucés du grand voeu :
ô humanité !


pensée profonde pour vous tous :
les vivants
tous les vivants
de toutes les espèces genres familles classes ordres règnes
sans qui rien ne féconde pour éclore à la joie du trésor sacré de la vie ici bas
à travers les rayons dorés gorgés de pourpre du soleil planant
invaincu sous les étoiles
sans qui aucun n atteint véritablement à l accomplissement :
la grande oeuvre
et sans vous qui pourrait espérer habiter en paix la clairière de l être
la vie la voie la vérité ?
et reviens nous quand ce sera l heure le temps l éternité !
reviens nous quand ce sera l instant approprié propice


et sache que proche de l horizon
là où s épand la ligne flottante au delà de l eau
est en sa présence
l étoile immémoriale qui guide les voyants
les êtres de hautes extases
ceux dont les rêves ultimes
planent dans les jardins dorés de lumière
là où éclosent les étoiles
en déploiement sur le parterre fleuri
là où les rivières célestes coulent
coulent en emportant tout en rêves d or
accomplissant la destinée partagée des êtres parmi les étoiles filantes
dans le sillon des astres errants
les orbites en ellipse des planètes qui appellent et appellent encore
veulent dépasser ce qui est confiné :
physique ou métaphysique
pour les décennies les siècles et les millénaires à venir
qui te laissent songeur pensif immergé dans ta pensée
pour un nouveau souffle une marée d or
une émergente inspiration
et te voici remis à toi même à vitesse quantique


et il en va toujours ainsi pour nous les vivants qui toujours s efforcent
qui quoi qu il en soit de nos destins brûlent dans l effort
et ainsi soyez entendus
exaucés
et puissiez vous atteindre à la délivrance !
et tous les prophètes l ont pressenti
et tous les chamans l ont approché
puisqu ainsi tous les ascètes l ont médité
et il en est vraiment ainsi mais jamais nulle part aucun ne l a véritablement…
rêvé
désiré
espéré
conçu
pensé
le voici en chemin approchant
indescriptible répandant les signes de l indicible
l éclosion ample et salutaire de l univers à travers la grande voie


et c est l aurore nouvelle
et il y a tant d aurores qui n ont pas encore luit
et c est une brise planétaire qui souffle comme au premier printemps du monde
bienvenu sur le toit du monde !
tu peux poser ton fardeau
ici la fraîcheur de la sérénité souffle dans toute la plénitude de l étendue :
la félicité
et en pleine présence la pureté du ciel bleu le plus pur
ouvert
ébloui aux premiers instants
car c est le portique ouvert de la transcendance par dessus l éternité vers l ultime
et tu apprendras à goûter à savourer et enfin vivre cette paix insurpassée
alors contemple de ton regard enfin apaisé ce monde en éclosion
considère et médite
et viens !
viens en paix à la paix enfin accomplie

Vladimir Muhizi


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