va dans l étendue

va dans l étendue dans la lande
dans les traces de la voie
quand les pins filtrent le vent
écoute le ciel si haut
son silence est bleu et tant à te dire
en approche le clapotis du ruisseau
contemple les poissons d argent
au loin le moulin des siècles d antan compte vos heures au crépuscule
indicible déploiement de la vie dans le val si vert
détecte la source de la prescience de ce que tu attends
accepte ce qui arrive
la sagesse qui fait pulser ton coeur
la lumière la flamme qui éclairent ton sentier encore
ce soir toutes les lucioles sont en fête
le songe pourpre et profond dans les amphores s enivre de lui même
et un penseur inconnu t envoie un salut d un pays lointain
dans ton regard le monde se déploie et atteint à la plénitude
l épanouissement est à venir
pourtant les voies en sont si complexes
vol d oiseaux dans la splendeur
toute chose vient à son heure
et la rumeur de la guerre planétaire en cours s estompe
maintenant de nouveau la vie triomphe
tiens toi au seuil quand le pressentiment frappe à la porte
les feuilles mortes se détachent avec douceur
les fruits d automne mûrissent à craqueler
à travers la plaine le son du tonnerre est fulgurant
et les étoiles sont alignées
la mer est calme et somnole
la vallée est verte et médite l émergence du transuniversel
la rosée est de silence
elle tresse les filaments du poudroiement
sur le pont est une présence muette qui observe et pense
les herbes folles poussent imperceptiblement dans la plaine
quand le roc médite tous les galets ricochent sur l étang au clair de lune
le jardin sombre au loin et son verger :
tendresse stellaire et taillis sauvages
et toutes les ombres disent la quiétude
quand la source jaillit d étincelles
toute chose parle la langue du mystère
langage ultime de l extase de l être
prend !
tout t es accordé
tu es si pur !
accepte
ce monde t attend
où tu marches
à l ombre des acacias qui planent
à la verticale de l étoile proche :
l astre incandescent dans la pourpre de sa majesté
et elle marche à l horizon
elle lévite légère dans sa beauté
elle est l autre moitié de l humanité
elle tient son enfant à venir
celui que le futur veut engendrer
joyau à venir des vivants :
ainsi pense la vie heureuse
et quand au soir les roseaux flûtes d automne signent la mélodie de l indicible
en cet instant précis le monde entier est souffle de totale plénitude :
fidèlement il t aime
à jamais
pour toujours
au dedans de toi au bord de l évanouissement tu ne sais que dire :
tu es prête à défaillir
mais si c est indicible ne dis pas
acquiesce :
alors tu es accomplie
n aie jamais peur
tout cela fonctionne et va son chemin en paix
et toi quand décisif tu arpentes le sentier de l ultime bord de la transcendance
pour accomplir
parfaire
et parachever la grande oeuvre
traversant le portique d or où l indicible dans l éternité déploie son règne
tu sens
et tu vois
et tu sais
seul tu marcheras sur la terre… transfigurée
seul comme il te sied en ta profondeur
allongé dans les jardins où éclosent les étoiles
où coulent les fleuves célestes
tu vivras
et quand la mort
emplie de respect face à ta noblesse
viendra te tendre la main
tu sentiras le mot « merci » monter en toi
ne t étonnes pas
il en va toujours ainsi
c est une seule vie
unique
accomplie au delà de tout ce qui était prédit
au delà de tout ce qui était écrit
et c est la cour sans poussière
le marché qui attend en veille
la ville qui plane en douceur
ce sont tous les êtres qui lévitent
c est l immensément long chemin pour chaque vivant
l aurore qui souffle sa lumière pour purifier les alvéoles de ton esprit
les dimensions intriquées en cours de déploiement
les dieux à la table du festin
le nectar qui coule à flot et la vigne dorée
l ambroisie qui est servie
et le pain qu on rompt avec gratitude
le figuier sacré et éternel des mystes dans la cour s envole
c est la proche délivrance
c est l enfant et l ascète par delà tout
de la trame de l être aux frontières terminales des mondes
à deux ils jouent aux osselets dans la carapace de la tortue sacrée
c est la chouette de la sagesse universelle qui s envole du roc du monde
longue nuit
claire et profonde
qui fait mûrir la pureté de l irrésistible volonté de vaincre et la vision
qui empliront ton coeur demain à l éveil
alors veille en attendant
que l éclair sacré marche avec toi quand le jour se lève

Vladimir Muhizi


sources hommages citations

Girard

Trakl

Bourg

Georg

Colli

Van Lier

Lao Tseu

Musashi

Nietzsche

Bhagavad Gita

Bobrowski

Tranströmer

Celan

Puech

Cavannagh

Rimbaud

Heidegger

Buson

Issa

Shiki

Milosz

Uddhava Gita

Hagakure

Leibniz

Greene

Hölderlin

Dagerman

Bouddha